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"Famille, je vous aime"
Le mot de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre (qui a récemment succédé à Mgr Daucourt)
Article mis en ligne le 5 octobre 2014
dernière modification le 10 novembre 2015

par Joël
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Monseigneur Michel Aupetit, évêque du diocèse des Hauts-de-Seine depuis le 4 mai 2014, profite du début de l’année scolaire pour nous inviter particulièrement à réfléchir sur la famille. Bien sûr, le synode sur la famille qui s’ouvre à Rome aujourd’hui pendant deux semaines, est la première raison qui nous oblige à aborder ce thème. Mais, aussi, à Boulogne-Billancourt, la Maison Saint Francois de Sales, inaugurée les 10, 11 et 12 octobre, va accueillir en son sein la Maison des Familles.

Histoire d’une évolution complexe

Quelquefois, la famille apparaît comme une instance immuable fondée sur un coupe à l’origine de la vie et de la filiation. Or, l’histoire nous révèle une évolution complexe de la notion de famille. D’après les historiens, à l’ère paléolithique, les sociétés vivent sous le régime du matriarcat avec un système endogamique (unions à l’intérieur du clan) où la figure paternelle n’existe pas. Par cette filiation matrilinéaire les enfants n’ont qu’un seul parent : la mère. Ces sociétés nomades ou semi-itinérantes sont composées de 40 à 60 personnes en guerre perpétuelle. Ce type de structure familiale est généralisé puisqu’il se retrouve chez les Cananéens, les Egyptiens, les Numides, les Berbères, les Grecs primitifs (Sparte et Crète), les Etrusques et il en existe des traces aussi bien en Inde que dans les sociétés amérindiennes et chez les Esquimaux.

L’apparition progressive du patriarcat au sortir du néolithique va bouleverser la structure familiale car l’enfant aura désormais deux parents : un père et une mère. L’inceste et l’adultère sont alors condamnés pour garantir la légitimité du père. On le voit avec les lois de Gortyne en Grèce, la loi des 12 tables à Rome et, bien sûr, les 10 commandements donnés à Israël.


On en découvre aussi des traces, là encore, dans le livre des morts d’Osiris et dans les lois mésopotamiennes. Si, à Rome, c’est bien le "consentement qui fait les noces", en réalité il n’y a pas de choix amoureux. La sexualité est essentiellement orientée vers la procréation pour la prospérité de la famille et ce sont les parents qui décident du choix des époux. Ceci a perduré très longtemps et l’Eglise n’a jamais pu imposer son modèle de "mariage chrétien fondé sur l’amour" dans les sociétés pourtant largement évangélisées. En France, ce n’est qu’à partir de 1880 que le mariage d’amour est devenu majoritaire.


Sophie et Franck Barbier ont célébré leur 20 ans de mariage, entourés de leur quatre enfants, dans la petite église de La Haute Maison, le 30 août 2014

La famille, question cruciale
Le petit d’homme n’a pas mémoire instinctuelle contrairement à la plupart des animaux. Il doit tout acquérir par apprentissage. Il lui faut donc beaucoup de temps pour acquérir son autonomie. D’où le besoin d’une structure familiale nécessaire à son développement et à son éducation.

Ensuite, il lui faut apprendre à "être fils", c’est-à-dire de s’accepter soi-même dans une identité qui ne peut se recevoir que d’un autre. Il ne suffit pas de se savoir "fils de" bien que les généalogies soient présentes à toutes les époques.
Alors que les disparités extraordinaires qui existent entre les cultures occidentale, africaine, indienne ou d’Amérique du Sud, on sent bien que cette question de la famille est cruciale pour l’avenir et qu’il convient non seulement de l’aimer mais d’en faire le creuset de l’amour pour bâtir une civilisation nouvelle.



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