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Première conférence de carême à St Jean Bosco
Une nouvelle formule qui plaît beaucoup !
Article mis en ligne le 15 mars 2011
dernière modification le 22 février 2012

par Joël
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"J’ai eu beaucoup de mal à arrêter les carrefours, qui ont duré vingt-cinq minutes. C’était tout simplement génial !" se réjouit le Père Philippe Legrand. Après la brillante intervention de Sylvie Meriaux, sœur des campagnes à Lumigny, bibliste, Vincent Arents, membre de l’Equipe missionnaire de Pôle, invitait les quelques 80 participants à former des petits groupes d’échange autour du thème de l’unité dans la diversité de l’Eglise. A la suite du compte-rendu que nous vous proposons, nous vous invitons à votre tour, à prolonger la réflexion...


Unité et diversité dans l’Eglise

I- La tour de Babel (Gn 11,1-9)

Toute la terre avait alors le même langage et les mêmes mots. Au cours de leurs déplacements du côté de l’orient, les hommes découvrirent une plaine en Mésopotamie, et ils s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Fabriquons des briques et mettons-les à cuire ! » Les briques leur servaient de pierres, et le bitume, de mortier. Ils dirent : « Allons ! Bâtissons une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Nous travaillerons à notre renommée, pour n’être pas dispersés sur toute la terre. » Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et le Seigneur dit : « Ils sont un seul peuple, ils ont tous le même langage : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Eh bien ! Descendons, embrouillons leur langage : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. » De là, le Seigneur les dispersa sur toute l’étendue de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel (Babylone), car c’est là que le Seigneur embrouilla le langage des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute l’étendue de la terre.

Derrière un désir de coalition, ce texte de Babel ne nous parle pas de l’unité d’un peuple mais d’uniformité qui s’impose comme tout puissante en gommant les différences. Ce type de projet est une impasse humaine. C’est cela que Dieu vient briser à travers la dispersion des hommes « sur toute la surface de la terre » (Gn11,9) car Dieu désire, avant tout, la richesse et la diversité des peuples.

II - Pentecôte (Acte des apôtres 2, 1-11) : Naissance d’une communauté nouvelle

Nous avançons dans le temps et nous nous projetons 50 jours après la mort et la résurrection du Christ, au moment de la fête juive de Pentecôte qui commémore le don, fait par Dieu, de la Torah. C’est une des trois fêtes juives pour lesquelles ont venait en pèlerinage à Jérusalem (Lv 23,15-21). Du coup, il y a, à Jérusalem, des hommes qui viennent de Galilée mais aussi d’un peu partout, car la communauté juive était, déjà à cette époque, dispersée autour du bassin méditerranéen (diaspora).


Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens
entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans
la stupéfaction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre
langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois
et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les
merveilles de Dieu. »

Dans ce texte, nous passons de la commémoration du don de la Loi, au don de l’Esprit lui-même. L’Esprit qui vient de descendre sur les disciples produit une communication entre les hommes de cultures différentes, entre des hommes qui sont justement dispersés habituellement sur la surface de la terre. C’est le contraire de l’expérience vécue à Babel.
Et, la présence de l’Esprit produit des effets : il fait naître l’unité en respectant la diversité des cultures et des langues. La Pentecôte est aussi le signe de l’universalisme de l’Evangile : des hommes de toutes cultures entendent et comprennent la Bonne Nouvelle.

III - L’unité dans la diversité (Corinthiens 12)

Dès les premiers temps, l’Eglise a été traversée par des conflits. C’est le cas de l’Eglise de Corinthe. Pour leur signifier l’importance de la diversité des dons de chacun au cœur de l’Eglise, Paul fait la comparaison avec le corps humain :

Les dons de la grâce sont variés,
mais c’est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. (...) Mais celui qui agit en tout cela, c’est le même et unique Esprit : il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur
nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l’unique
Esprit. Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d’un seul. Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps. L’oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps. Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ? Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu. S’il n’y en avait qu’un seul, comment cela ferait-il un corps ? Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps.

Paul n’innove pas en comparant la communauté à « un corps qui est Un mais qui a pourtant plusieurs membres » (1 Co 12, 12). Il reprend une image commune à la littérature gréco-romaine qui servait à dire la solidarité des divers groupes humains dans la vie sociale. Au cours d’un conflit à Rome entre la plèbe et le sénat, un parlementaire, Menenius Agrippa, raconta une fable pour montrer l’égale importance des membres dans la cité. Il est tout à fait intéressant de voir que l’argumentation de Paul concernant les membres reprend cette allégorie.
« Au temps où le corps humain ne formait pas comme aujourd’hui un tout en parfaite harmonie, mais où chaque membre avait son opinion et son langage, tous s’étaient indignés d’avoir le souci, la peine, la charge d’être les pourvoyeurs de l’estomac, tandis que lui, oisif au milieu d’eux, n’avait qu’à jouir des plaisirs qu’on lui procurait ; tous, d’un commun accord, avaient décidé, les mains de ne plus porter les aliments à la bouche, la bouche de ne plus les recevoir, les dents de ne plus les broyer. Mais, en voulant dans leur colère réduire l’estomac par la famine, du coup, les membres, eux aussi, et le corps entier étaient tombés dans un complet épuisement. Ils avaient alors compris que la fonction de l’estomac n’était pas non plus une sinécure, que, s’ils le nourrissaient, il les nourrissait, en renvoyant à toutes les parties
du corps ce principe de vie et de force réparti entre toutes les
veines, le fruit de la digestion, le sang. »

Tite-Live, Histoire Romaine (Ab Urbe condita), II, 32

Paul, à partir de cette image du corps va plus loin ; L’Église de Corinthe n’est pas simplement « comme un corps », ce n’est pas qu’une image pour comprendre. L’Eglise EST réellement le « Corps du Christ » : « Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Co 12, 27)
D’où l’enjeu de son unité dans la diversité de ses membres. L’Eglise, c’est un corps qui tient sa vie et son unité du Christ et il y a nécessité de coopération de ses membres dans leur diversité.
C’est le Christ qui rassemble et unit toute l’Eglise : « 16 Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ? 17 Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps : car tous nous participons à cet unique pain » (1 Co 10, 16-17).

IV - En conclusion :

Cette unité qui respecte la diversité des membres, est toujours à construire ; Mais si c’est en Christ qu’elle advient pour nous les croyants, alors c’est un appel à nous nourrir toujours plus de sa parole, de son corps pour nous laisser travailler intérieurement par sa présence et pour grandir dans l’accueil mutuel de nos différences.


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Quelques questions pour réfléchir :

1- Qu’est-ce que j’ai découvert personnellement à travers ces
textes bibliques ?
2- Quels échos dans la vie de notre communauté chrétienne ? Est-ce que
l’on se retrouve ?
3- Concrètement qu’est-ce que l’on pourrait mettre en œuvre pour
grandir dans cette unité dans la diversité ?



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