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Signification de la liturgie des cendres
Article mis en ligne le 18 février 2010
dernière modification le 24 février 2015

par Joël
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La signification des cendres dans la Bible découle des circonstances dans lesquelles on en fait usage : supplication en temps de danger ou de souffrance, pénitence et repentir, expression de la fragilité humaine.

1) Supplication et prière en temps de danger ou de souffrance

A plusieurs reprises, le peuple d’Israël a été confronté à la persécution et aux menaces d’extermination de la part de nations plus puissantes. Dans ces circonstances, les fils d’Israël se tournaient vers le Seigneur et, pour lui exprimer leur détresse et leur souffrance, ils se couvraient de cendre, de sacs ou de poussière. Les livres d’Esther et de Judith en sont une illustration vivante et nous révèlent comment Yahvé délivre ceux qui se tournent ainsi vers lui.
Quand Mardochée apprit le complot fomenté par Aman contre son peuple, lisons-nous dans le livre d’Esther, « il déchira son ses vêtements et prit le sac et la cendre (…) Dans les provinces, partout où parvinrent l’ordre et le décret royal, ce ne fut plus parmi les Juifs, que deuil, jeûne, larmes et lamentations. Le sac et la cendre devinrent la couche de beaucoup » (Est 4, 1.3). De même, selon le livre de Judith, lorsque les Juifs ont été assiégés par l’imposante armée d’Holopherne dans Béthulie qui, privée d’eau, était sur le point de se rendre, « tous les Israélites de Jérusalem, femmes et enfants compris, se prosternèrent devant le sanctuaire et, la tête couverte de cendres, étendirent les mains devant le Seigneur (…) A grands cris ils suppliaient unanimement et avec ardeur le Dieu d’Israël de ne pas livrer leurs enfants au pillage, leurs femmes au rapt, les villes de leur héritage à la destruction, le Temple à la profanation et à l’ironie outrageante des païens. Attentif à leur voix, le Seigneur prit en considération leur détresse » (Jdt 4, 11-13). Tout comme ses compatriotes, « Judith tomba le visage contre terre, répandit de la cendre sur sa tête, se dépouilla jusqu’au sac dont elle était revêtue et, à haute voix, cria vers le Seigneur » (Jdt 9, 1).
Judas Maccabée et ses frères adoptent, eux aussi, la même attitude avant de s’engager dans la guerre contre Antiochus Epiphane : « Ils jeûnèrent ce jour-là, revêtirent des sacs, répandirent de la cendre sur leur tête et déchirèrent leur vêtements » (1Maccabées 3,47). Nous pouvons dire qu’en se couvrant de cendres pour leurs prières et supplications dans les moments critiques, les fils d’Israël expriment quelque chose de fondamental : l’incapacité de l’homme à faire face aux dangers par lui-même, son besoin du salut de Dieu, bref sa fragilité.

2) Fragilité humaine

Dans la Bible, le mot cendre est souvent associé à celui de poussière qui fait référence à la condition mortelle de l’homme, ainsi qu’au caractère fragile et éphémère de la condition humaine : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière », déclare Yahvé à Adam en Gn 3, 19. Dans sa supplication en faveur de Sodome et Gomorrhe, Abraham prend la précaution de reconnaître son néant devant Dieu : « Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre » (Gn 18, 27). La cendre n’est-elle pas un résidu de la combustion qui réduit pratiquement à rien ce qui jusque- là présentait une figure imposante : volume, taille, poids. Il n’en reste qu’un peu de poussière volatile qui se disperse au moindre coup de vent, se dissout dans un peu d’eau, sans laisser de trace. Répandre de la cendre sur sa tête, son corps ou ses vêtements, c’est dire clairement que tout ce à quoi nous tenons tellement sur cette terre, beauté, prestance, honneurs, richesses, santé, etc, tout cela n’est que VANITE et que nous-mêmes, nous ne sommes que poussière, puisque nous sommes destinés à retourner à la poussière dont nous sommes issus, selon Gn 2, 7.

3) Pénitence et repentir

Que les cendres évoquent la pénitence et le repentir, le livre de Jonas nous le montre clairement. Devant l’imminence de la destruction de Ninive annoncée par Jonas de la part de Yahvé, les ninivites se servirent de sacs et de la cendre pour exprimer leur conversion : « Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre (…) Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas » (Jon 3, 6. 10). Pour exprimer son désir de renoncer à ses vues et adhérer totalement à celles de Dieu, Job, à la fin de ses épreuves dit à Yahvé : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre » (Jb 42, 5-6).
Dans l’évangile, Jésus lui-même fait référence à cette dimension de conversion liée à l’usage de la cendre : « Malheur à toi Chorazeïn ! Malheur à toi Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties » (Mt 11, 21). Au regard de ces significations bibliques de la cendre, nous pouvons donc découvrir le message de la liturgie des cendres ; elle nous rappelle que :
- comme les fils d’Israël, nous sommes en danger permanent et que nous devons crier vers le Seigneur pour qu’il nous délivre de nos ennemis (le péché, les convoitises de toutes sortes, le refus de Dieu et du prochain), d’où l’importance de la prière ;
- nous sommes poussière et cendre, symboles de notre fragilité et du caractère éphémère de notre existence ; aussi ne devons-nous pas nous attacher aux choses qui passent, mais à ce qui demeure : l’amour de Dieu et du prochain (1 Co 13, 8) ;
- nous devons nous convertir et revenir à Dieu pour vivre de sa vie et de sa Parole d’amour plus fort que le mal et la mort. Il s’agit pour nous de centrer notre vie plus sur lui que sur nous-mêmes.
Cette pratique symbolique de l’usage de la cendre a peu à peu été associée, au fil des siècles, avec le jour d’entrée en Carême qui marque le désir des fidèles de changer de vie, de se souvenir qu’ils sont mortels et qu’ils souhaitent donner à leur vie une nouvelle Naissance en Jésus Christ. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, l’imposition des Cendres rappelle la condition mortelle de l’homme : « Oui, tu es poussière et à cette poussière tu retourneras » (Gn 3,19), en insistant également sur l’espérance propre aux chrétiens : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Me 1,15). Les cendres sont donc bien le symbole de ce cycle de mort et de résurrection.

BON TEMPS DE CAREME A TOUS !

Père Placide TEFE




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